Rouleauxfeuilletés au saumon fumé. Une entrée fraiche, savoureuse, surprenante et préparée en un temps record! badigeonner chaque rouleau de jaune d'oeuf et parsemer les de graines de sésame ou graines de pavot.. mettre à cuire dans un four préchauffé à 180°C. à la sortie du four, laisser refroidir avant de demouler.
Découperde petites laniÚres de saumon fumé de 1 cm de large sur environ 5 cm de long. A l'aide d'une poche à douille, déposer la crÚme au chÚvre dans les mini vols-aux-vents. Rouler les bandes de saumon fumé afin de former des petits rouleaux. Disposer un mini rouleau de saumon sur chaque vol-au-vent.
Biensûr, le saumon fumé, à chaud ou à froid, est un grand classique. Fumé, le poisson peut se conserver environ une semaine au réfrigérateur et quelques mois au congélateur. Enfin, le saumon résiste trÚs bien à la mise en conserve. Bienfaits du saumon pour la santé. Le saumon contient environ 200 calories par portion de 100 g. C
pizzaau feu de bois. vol au vent scampi et st -Jacques â NOS SPĂCIALITĂS â Pizza. escalope. Suggestions du moment. Assiette nordique (Saumon fumĂ©, truite fumĂ©, crevettes roses, crevettes grises, flĂ©tan, scampis Ă l'ail, cruditĂ©s, frites) 21.00 ⏠Pizza scampi et parmigiana. scampi, tomates sĂ©chĂ©es, aubergines, parmesan, olives. 13.50 ⏠Scampi Ă la Catalane.
Leplus froid hiver chaud au cur nuit que le rouleau sur la table pot Gulp de chaud - « cantine de nuit » Fondue, bĂ©nĂ©diction d'hiver, Dans le froid et l'hiver jour de vent, Seul un pot chaud guĂ©rir la plupart des gens. Il est allĂ© Ă la saison froide enveloppĂ© des vĂȘtements Ă©pais, bien sĂ»r, Ă la date de la saison pot chaud magasin matĂ©riel. Un faible pour les hot pot de style
PrĂ©paration PrĂ©chauffer le four Ă 205 °C (400 °F). Dans un bol, mĂ©langer les dĂ©s de saumon avec la purĂ©e de pommes de terre, les blancs dâoeufs et la mayonnaise jusquâĂ lâobtention dâune prĂ©paration homogĂšne. Ajouter les oignons verts, lâaneth, le cĂ©leri et les zestes de citron. Saler, poivrer et remuer.
Laissezcuire les tĂȘtes 2 minutes de plus. Etape. 2. Faites dorer le saumon 3 minutes sans matiĂšre grasse avec les Ă©chalotes hachĂ©es. Ajoutez le fond et 200 ml d'eau. Laissez rĂ©duire 5 minutes. Etape. 3. Versez le tout dans les vols au
13mai 2019 - Vol-au-vent au saumon fumé et épinards Bonjour tout le monde, J'aime beaucoup les recettes à base de. Confidentialité . Pinterest. Aujourd'hui. Explorer. Lorsque les résultats de saisie automatique sont disponibles, utilisez les flÚches Haut et Bas pour vous déplacer et la touche Entrée pour sélectionner. Pour les utilisateurs d'un appareil tactile, explorez en
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Vous avez de la pĂąte feuilletĂ©e et plein de restes dans votre frigo ? VoilĂ une dĂ©licieuse idĂ©e pour Ă©viter le gaspillage alimentaire les vol-au-vent. Jâen fais avec les restes de poulet, de viandes, de poissons, avec des lĂ©gumes⊠Aujourdâhui, je vous propose une recette avec du saumon fumĂ© et des courgettes mais vous pouvez y mettre ce qui vous plait et dĂ©cliner cette recette Ă lâinfini. Vous verrez, plus besoin dâacheter les vol-au-vent dĂ©jĂ fait, ils sont extrĂȘmement faciles Ă faire maison. IngrĂ©dients 1 pĂąte feuilletĂ©e 1 jaune dâoeuf BĂ©chamel recette ici, si besoin 3 tranches de saumon fumĂ© 1 courgette 50g dâedam rĂąpĂ© Abaissez une pĂąte feuilletĂ©e puis, Ă lâaide dâun emporte piĂšce, taillez des cercles. Puis dans la moitiĂ© de ceux dĂ©jĂ taillĂ©s, faites un deuxiĂšme cercle avec un emporte piĂšce plus petit. Jâai utilisĂ© un verre pour le cercle le plus grand et un emporte-piĂšce dentĂ© pour les plus petits. Pour une pĂąte feuilletĂ©e du commerce, vous obtenez en principe 6 disques pleins et 6 disques avec une empreinte au centre. Pour chaque vol-au-vent, il vous faudra dâabord mettre le disque normal que lâon ne voit pas bien sur la photo ci-dessus. Et par dessus, il faudra mettre lâautre disque avec lâempreinte Ă lâintĂ©rieur. Câest trĂšs important de superposer le disque normal et le disque avec lâempreinte pour que les vol au vent gonflent Ă la cuisson. Chemisez une plaque allant au four de papier sulfurisĂ©. Mettez y les 6 disques de pĂąte normaux. Badigeonnez-les de jaune dâoeuf. Placez ensuite par dessus comme je vous lâexpliquais plus haut les 6 disques de pĂąte restants avec lâempreinte intĂ©rieure et badigeonnez Ă nouveau de jaune dâoeuf. Enfournez dans un four prĂ©chauffĂ© Ă 200°C pendant 10-15 minutes. Pendant ce temps-lĂ , coupez la courgette en petits morceaux puis ajoutez-les dans la bĂ©chamel pendant quâelle prend.. Ajoutez-y le saumon fumĂ© et mĂ©langez. Faites cuire lĂ©gĂšrement la bĂ©chamel pour quâelle soit Ă©paisse. Lorsque les vol-au-vent sont dorĂ©es 10-15 minutes, retirez-les et abaissez la partie du milieu pour faire un creux pour la garniture. Ajoutez-y le mĂ©lange de sauce bĂ©chamel. Ajoutez du fromage rĂąpĂ© par dessus et envoyez Ă nouveau au four environ 10 minutes. Il faut que le fromage fonde puis servez aussitĂŽt. Bon appĂ©tit !
Par Charline Stengel, PubliĂ© le 30 juin, 2022. Ă 1100 Jâaimerai bien vous dire quâil sâagit dâun apĂ©ritif copieux et Ă©lĂ©gant trĂšs rapide Ă rĂ©aliser et trĂšs facile et prenant compte de sa simplicitĂ©, Ce Vol-au-vent au saumon fumĂ© et Philadelphia accompagnera parfaitement une boisson froide de votre choix. Sans aucun doute lorsque vous voulez terminer votre journĂ©e de la meilleure façon. Passez un bon moment! Bref, câest un vrai bonheur !! IngrĂ©dients 8 VOL-AU-VENT PRĂT 100 grammes CRĂME PHILADELPHIA HERBES 50 grammes SAUMON FUMĂ 1 cuillĂšre rase CAVIAR PrĂ©paration Comment prĂ©parer ce Vol-au-vent au saumon fumĂ© et Philadelphia ? Prenez tout dâabord 40 grammes de saumon fumĂ© et hachez-le avec un couteau. Ajouter le Philadelphia au saumon Ă©mincĂ©. Bien mĂ©langer les deux ingrĂ©dients. Prenez le mĂ©lange et farcissez vos vol-au-vent. Ajouter un morceau de saumon fumĂ© restant dans chaque panier. Attention Ă bien rĂ©partir les quantitĂ©s. AgrĂ©mentez les paniers dâherbes aromatiques de votre choix gĂ©nĂ©ralement lâaneth est utilisĂ© avec le saumon aprĂšs les avoir finement hachĂ©s. Si vous lâaimez, ajoutez quelques Ćufs de caviar dans chaque panier de saumon et servez immĂ©diatement Ă vos invitĂ©s. Votre Vol-au-vent au saumon fumĂ© et Philadelphia est prĂȘt. DĂ©guster !
Lucida PĂ©trelInspireTome 2 Partie 1Urban FantasyĂditions Arts En Mots »Illustration graphique © GraphâLPrologueAmalia avait regrettĂ© son choix aussitĂŽt un premier pied dans les Terres lointaines. Personne ne sây rendait jamais seul, pas mĂȘme les Alchimistes. Et voilĂ quâAmalia se prĂ©cipitait entre les arbres de la forĂȘt mondialement Traqueuse Ă©tait incapable de sentir la matiĂšre crĂ©piter autour dâelle. La SorciĂšre qui la poursuivait le sentait, elle ; ce basculement dans lâatmosphĂšre. Les arbres sâĂ©taient agitĂ©s un instant, lâherbe avait longuement soufflĂ© puis lâair sâĂ©tait alourdi. La lumiĂšre de la lune serra plus fort le Livre des Ombres contre elle. Plus question de le lĂącher, pas aprĂšs tous ces efforts pour parvenir Ă lâemporter. Elle serait pourtant bientĂŽt Ă bout de force, et il lui faudrait bien alors remettre le grimoire entre les mains de sa propriĂ©taire si elle voulait avoir la vie sauve. CâĂ©tait Ă nây rien comprendre. Amalia filait au travers du froid. Elle courait si vite quâun mur seul nâaurait pas su lâarrĂȘter, et pourtant OndolindĂ« la rattrapait toujours. Elle Ă©tait lĂ chaque fois quâAmalia regardait en arriĂšre, juste lĂ , et marchait presque paisiblement, la foudre Ă la place des nây arriverait pas. Tout Ă©tait perdu. Le peregrinator Ă©tait encore loin. Elle ferma les yeux et pensa Ă son compagnon, restĂ© Ă lâInstitut, et auquel elle avait promis de ne pas Ă©couter son instinct. Il savait, tout comme elle, combien les Terres lointaines peuvent ĂȘtre meurtriĂšres. Cela nâavait pas empĂȘchĂ© Amalia de trahir sa parole. Et maintenant, son fils nâaurait plus de mĂšre pour veiller le sommeil dans lequel lâavaient plongĂ© les esprits des Anciennes peuplant les Catacombes de Digvix. Lâenfant avait dĂ©fiĂ© la tranquillitĂ© de la mort en y pĂ©nĂ©trant ; il en avait donc payĂ© le prix. Amalia nâĂ©tait pourtant pas trĂšs loin lorsque lâaccident Ă©tait survenu⊠un enfant qui maĂźtrise la marche Ă quatre pattes est pire que tout. Elle le savait, mais elle lui avait tournĂ© le dos, rien que quelques petites secondes. Lâenfant avait Ă peine franchi lâentrĂ©e quand lâenchantement lâavait frappĂ©. Lâunique recours Ă©tait ce vieux tas de sortilĂšges dĂ©nommĂ© Livre des Ombres et dont OndolindĂ« ne pouvait se sĂ©parer. Sans ce grimoire antique, il Ă©tait impossible pour son peuple de survivre aux Terres idiote prĂ©tentieuse, pensait OndolindĂ«. Personne dâautre quâelle-mĂȘme ne pouvait user des pouvoirs de ce grimoire. QuâespĂ©rait donc cette Traqueuse en le lui dĂ©robant de la sorte ?Amalia manqua de sâaffaler en pleine course. Tenir le Livre. CâĂ©tait le plus important. Garder ce fichu grimoire. MĂȘme si tout lui semblait finalement perdu dâavance. Lorsquâelle lança un regard en arriĂšre, elle en eut la certitude la SorciĂšre se rapprochait de plus en plus, elle finirait tĂŽt ou tard par la rattraper, quand Amalia nâaurait plus lâĂ©nergie de lutter ; et alors, la PrĂȘtresse des Terres lointaines ne ferait preuve dâaucune sorte de pitiĂ©. Elle tuerait Amalia pour protĂ©ger ses SĆurs, car dans une confrĂ©rie de SorciĂšres, rien ne doit pouvoir mettre en pĂ©ril la FĂ©e prit un virage serrĂ© et fit le tour dâAmalia. Elle irradiait et semblait Ă la recherche de quelque chose. Elle sâagrippa au poignet de la Traqueuse, voltigea jusquâĂ son cou, sâaccrocha Ă ses cheveux. Amalia ralentissait. Ă cet instant, une autre FĂ©e apparut. Puis une autre. Et dâautres CâĂ©tait impossible. OndolindĂ« garda ses distances. Les FĂ©es nâemportaient que les crĂ©atures magiques. Que mijotaient-elles en papillonnant de cette façon autour de la Traqueuse ? Amalia nây comprenait rien non plus, mais elle y vit un signe. Celui dâune Magie dĂ©bonnaire, prĂȘte Ă protĂ©ger une Traqueuse malgrĂ© le vol de lâun de ses grimoires. Amalia se jeta dans les marĂ©cages. Les FĂ©es y plongĂšrent Ă leur tour et celles qui y reposaient sâĂ©veillĂšrent.â Impossible, câest impossible, formula Ă haute voix se mouvait tranquillement. Ses branches flottaient parmi les autres tĂȘtes feuillues et Ă©pineuses, mais lâenvergure de son tronc tortueux Ă©tait magistrale. Personne ne lâavait plus aperçu depuis des siĂšcles. Cet arbre, tout le monde le connaissait. Lâun des premiers points de repĂšre magique Ă ĂȘtre sorti de des Terres non plus nây croyait pas. Ă vrai dire, elle ne pouvait pas rĂȘver mieux.â Fais demi-tour avant que je ne rende ce foutu bouquin Ă la Magie ! menaça la au Grand Aulne, elle suspendit le Livre des Ombres au-dessus du marĂ©cage dans lequel elle baignait presque. La Magie Ă©tait dĂ©cidĂ©e Ă la protĂ©ger, elle en Ă©tait maintenant certaine ; pour quelle autre raison cet arbre aurait-il choisi de pointer sa cime Ă ce moment prĂ©cis ?â Te rends-tu compte de ce Ă quoi tu nous condamnes ? OndolindĂ« nâen revenait pas. Elle se souvint alors pourquoi son peuple ne sâĂ©tait jamais asservi Ă aucun Institut parce que tous ceux qui prĂ©tendent apporter la paix aux Ombres sont ceux qui ont auparavant provoquĂ© la Ă©tendit Ă©trangement ses branches les plus basses.â Maudite Traqueuse, vocifĂ©ra OndolindĂ«, vaincue. Tu mâarraches ce que je possĂšde de plus prĂ©cieux, je ne peux que te rendre la pareille. Un geste du menton accompagna ses derniĂšres paroles â Lâenfant que tu portes ne sera pas le tien, mais celui de la Magie la plus impure qui soit. Le feu te sourit, vaillante. Elle savait pertinemment quâOndolindĂ« se trouvait dĂ©pourvue de ses pouvoirs, puisque câĂ©tait la Traqueuse qui portait son grimoire. Et puis, elle nâĂ©tait mĂȘme pas enceinte. Toutes les flammes de lâunivers pouvaient bien lâencercler, elles ne lâempĂȘcheraient pas dâaller porter secours Ă son grincement hurla Ă travers les Terres lointaines. Amalia nâeut pas le temps de sentir le Grand Aulne sâabattre sur elle. OndolindĂ« sâĂ©loignait ; lâĂ©corce progressait et avalait la Traqueuse. Les branches sâenroulĂšrent autour de leur tronc comme des tentacules tandis que les FĂ©es sâĂ©chauffaient de part et dâautre. La forĂȘt entendit le cri perçant dâune femme, puis le Grand Aulne, repliĂ© sur lui-mĂȘme, sâ Ă©tait dĂ©jĂ loin lorsque les feuilles noircies tombĂšrent Ă 1BELLAOn mâa encore vomi dessus. Jâaurais dĂ» lancer les paris ce matin en arrivant. Les collĂšgues mâadressent des sourires penauds â seuls les plus courageux osent en rire â tandis que jâavance dans les couloirs. Et jâaurais dĂ» porter une autre blouse que ma les patients sâacharnent-ils contre moi, aujourdâhui ? Le karma, peut-ĂȘtre ? Hier, lâune dâentre eux mâa demandĂ© dâĂȘtre plus aimable. Je lui ai rĂ©pondu que nous pourrions de nouveau explorer le sujet lorsque sa santĂ© ne dĂ©pendrait plus de mon humeur. Ou alors est-ce simplement lâĂ©pidĂ©mie de gastro qui sĂ©vit Ă De La Haute Maison ?â Bah alors, Bella, tâas encore trop contrariĂ© un gosse ?JĂ©rĂŽme. JĂ©rĂŽme et sa grosse gueule dâabruti. Il tente une pose contre le mur, mais je ne mâattarde pas.â Eh ! Bella ! Bah⊠Bah, Bella, attends⊠attends un peu quand mĂȘme, non ?Lui et moi en sommes Ă la deuxiĂšme Ă©tape lâignorance passive. La premiĂšre consistait Ă lâinviter poliment Ă oublier mon existence. La troisiĂšme, sâil persiste, me forcera Ă la lui faire oublier en le frappant trĂšs fort pendant un peu trop mec ne sait clairement pas de quoi je suis capable. Il devrait sâentretenir quelques minutes avec mes me dirige fermement vers les vestiaires, dĂ©cidĂ©e Ă retourner Ă ma chambre pour me reposer. Les gens de lâInstitut mâĂ©puisent et le rythme auquel on nous soumet nâaide absolument pas. Tout est diffĂ©rent, ici. Le quotidien, lâair, la culture, la collectivitĂ©, lâintensitĂ© et la nature des Ă©motions. Câest comme ĂȘtre sorti dâune eau douce pour plonger dans la mer ; ça brĂ»le les yeux, ça pique la gorge et lâarriĂšre-goĂ»t nâest pas terrible non plus. Heureusement, tout nâest pas bruit sourd retentit dans la piĂšce, suivi dâun long grincement. La main posĂ©e sur mon casier, jâadmire une bouteille dâeau rouler jusquâĂ mes pieds. Toujours aussi maladroiteâŠâ Il va falloir tâentraĂźner dur si tu veux pouvoir assurer pendant les missions dâ souris en parcourant lâendroit du regard. LĂ©anne reste Ă couvert, mais je lâentends respirer. Rob entre Ă ce moment dans les vestiaires, sa blouse dĂ©jĂ dans une main et son pull Ă moitiĂ© ĂŽtĂ©. â Tout le monde nâarrĂȘte pas de parler de toi et ton nouveau record, tu le sais ?â Jâen avais une petite idĂ©e, passe devant moi. Il bĂąille. â JĂ©rĂŽme fait le malin, mais il oublie la fois oĂč un bĂ©bĂ© lui a vomi dans la profondĂ©ment.â Câest dĂ©gueulasse, Rob.â Ouais, mais câest dâen face tangue dangereusement quand un des casiers sâouvre Ă la volĂ©e. LĂ©anne sâen extirpe Ă une vitesse folle, les mains en lâair et le visage menaçant. Et alors quâelle sâapprĂȘte Ă prendre Rob dâassaut, il recule dâun malheureux pas. LĂ©anne rebondit la tĂȘte contre ses fesses et finit les siennes par terre, dĂ©concertĂ©e.â LĂ©anne ? Mince ! sâĂ©crie petite jauge ma rĂ©action.â Si ta maman te voit, elle ne va pas ĂȘtre contente, lui fais-je remarquer en croisant les la soulĂšve pour la porter contre lui.â Je tâai fait mal ?Mais LĂ©anne fait diversion en sâemparant de ses lunettes pour les mettre sur son propre nez, un sourire attendrissant collĂ© sur le visage. Elle est trĂšs maligne, Ă nâen pas douter. Câest grĂące Ă cette ingĂ©niositĂ© â ou Ă ce culot â quâelle parvient Ă sâĂ©chapper de lâĂ©cole si souvent. Et moi, jâai toujours un pincement au cĆur lorsque Sonia me demande de lây reconduire.â Tu as croisĂ© ta maman en venant ?Jâai dĂ©jĂ surpris LĂ©anne ramper le long de la banque dâaccueil de lâInfirmerie, tandis que sa mĂšre sâaffairait Ă trier des dossiers. LĂ©anne se tourne vers moi, un index sur les lĂšvres. Sans prononcer un mot, elle souffle ChhhhhâŠUne terreur. LĂ©anne est une terreur ; silencieuse, certes, mais intrĂ©pide et efficace. JâespĂšre quâelle conservera ces qualitĂ©s lorsquâelle deviendra une Traqueuse destinĂ©e Ă faire prospĂ©rer la lui pique son petit doigt et lâembrasse. Je ne connais pas les raisons qui encouragent LĂ©anne Ă quitter lâĂ©cole chaque jour pour venir gambader dans lâInfirmerie, et je me demande encore si son mutisme lâempĂȘche de sâintĂ©grer.â Il faut y retourner, LĂ©anne, avant que ta maĂźtresse ne vienne te chercher par elle-mĂȘme, lui dis-je sans fait la moue, puis Rob se rĂ©signe Ă la reposer Ă terre. OffusquĂ©e, elle nous lance un regard appuyĂ© avant de quitter les vestiaires, le pas se gratte le crĂąne.â Un sacrĂ© phĂ©nomĂšne, cette petite, mon sac en hochant le menton de haut en bas. Enfin libre pour un sommeil de quinze heures !â Nâoublie pas que nous allons en mission, dâici quelques qui lui prend Ă ruiner ma sieste de cette façon ?â Depuis quand ?â Regarde ton oui, ce truc. Je lâapprivoise depuis deux mois et le consulter rĂ©guliĂšrement nâest pas encore un rĂ©flexe. En fait, lâidĂ©e quâon puisse me joindre Ă chaque minute avec une facilitĂ© aussi dĂ©concertante mâagace profondĂ©ment. Mon espace vital est tel que si le monde entier devait le respecter, plus aucune vie sur Terre nâ de Fred, ce matin rdv aux portes Ă 20 h ce soir, pose une main sur mon Ă©paule.â TâinquiĂšte, tu vas finir par tây faire. Prends ton temps, je crois que Josh aura un peu de retard, de ce que jâai du retard ? ĂĂ par exemple ! Jâai horreur des chose mâa toujours fascinĂ©e chez les Loups-Garous de De La Haute Maison leur inconstance. Dire quâils sont lunatiques ferait lâeffet dâune blague de mauvais goĂ»t, mais câest pourtant la rĂ©alitĂ©. Prenons Enzo, lâalpha. TantĂŽt il dĂ©ploie toutes les formes de respect pour nous recevoir, tantĂŽt il grogne, les crocs dĂ©couverts. En y rĂ©flĂ©chissant, je crois que tout cela concorde avec la prĂ©sence ou lâabsence de Josh. Josh est absent, le monde roule dans la bonne direction. Josh est lĂ ? Les rails explosent et lâunivers que ce gars saute toujours en plein dans le plat et en met partout â dâaccord je veux bien quâil y ait des frontiĂšres, mais au bout dâun moment les loulous, vous ne pensez pas quâil faudra rĂ©flĂ©chir au-delĂ des notions de chez soi ? Je veux dire, les Gobelins vous ont pris quelques cailloux sans importance⊠vous les connaissez aussi bien que moi⊠alors oĂč est le problĂšme ? Vous pourriez en profiter pour rĂ©clamer une contrepartie, histoire que tout le monde soit ferme les yeux tandis que les miens voudraient se projeter trĂšs fort hors de leur orbite pour dĂ©boĂźter la mĂąchoire de Josh. Un des plus jeunes Loups, postĂ© dans un coin de la piĂšce, sort de sa cachette.â Loulous » ? Il a dit loulous » ?!Enzo fulmine, lui aussi. Câest Ă se demander lequel va se jeter le premier sur mon coĂ©quipier. Durant une seconde, je mâimagine leur prĂȘter main-forte.â Nous allons en parler Ă notre rĂ©fĂ©rent, intervient Fred, ne vous en faites pas. Les rĂšgles de prospĂ©ritĂ© et de longĂ©vitĂ© interdisent la violation des frontiĂšres. â Et est-ce que tu vas lui rapporter la connerie de ton pote, aussi ?â NaĂŻm, le rappelle Ă lâordre se rassoit. La table nâest pas bien grande. Cela sâexplique sans doute par les pratiques alimentaires des Loups-Garous. Ils chassent leurs repas sur leur territoire et se nourrissent gĂ©nĂ©ralement sur place ; Ă quoi bon disposer dâun rĂ©fectoire commun, dans ce cas ? Cette bĂątisse â que dis-je, cette piĂšce â est dâailleurs lâunique sur le campement. Les Loups de De La Haute Maison dorment ensemble Ă la belle Ă©toile, sous des bĂąches tendues lorsque la pluie les surprend. Je sais que les meutes dâautres Instituts peuvent avoir des us et coutumes trĂšs diffĂ©rents, mais je nâai encore jamais rencontrĂ© de Loups habitant un manoir, une maison ou un camping-car, pas mĂȘme dĂ©labrĂ©.â Jâen ai marre de toujours fermer ma gueule sous prĂ©texte que ce sont des Josh ose encore une fois prononcer le mot rage » dans un moment pareil, je le frappe. Par chance, il a compris mon discours de lâautre fois. Il avait tendance Ă oublier la situation dans laquelle se trouvent les Ombres et Ă quel point les Traqueurs peuvent profiter de leur statut. Dont lui, malgrĂ© ses convictions.â Je partage ton sentiment, articule Enzo en nous inspectant tour Ă tour.â Je suis dĂ©solĂ© les gars, je parle toujours trop vite, sâexcuse Josh. Je vais me rattraper. Plus de Gobelins chez vous, promis ; et je vous achĂšte les dix prochains gibiers que vous murs de chaume nous protĂšgent du froid, mais je commence malgrĂ© tout Ă sentir lâair frais, Ă rester assise depuis si longtemps. Maintenant, je rĂȘve dâun bain chaud en plus dâune sieste. Faute de baignoire, ce sera une douche chaude puis une longue nuit puisque le soleil sâest couchĂ©.â Tu Ă©tais plus sympathique quand ton chef dâĂ©quipe Ă©tait encore mes coĂ©quipiers. Enzo touche un point sensible, un sujet que moi-mĂȘme je ne mâautorise pas Ă aborder.â Eh bien il faudra te faire Ă ce nouveau Joshua, tranche Fred, car maintenant câest moi le chef de cette Ă©quipe. Je te rappelle dâailleurs que ce sujet ne te concerne ne sourit pas.â Ăvidemment. Jâai bien compris oĂč Ă©tait notre place loin sous la vĂŽtre, il 2BELLAMon pull seul ne suffit plus Ă me protĂ©ger de la fraĂźcheur des ce cĂŽtĂ©, pourtant, du cĂŽtĂ© des jardins de lâInstitut, jâai toujours eu la sensation que lâair Ă©tait plus chaud et lâatmosphĂšre plus intense. Peut-ĂȘtre est-ce justement dĂ» Ă la flore qui peuple lâendroit, lâemplit dâautre chose que de dans la forĂȘt. Ici, lâimpression nâest plus la mĂȘme. Les forĂȘts, de nuit, me font lâeffet dâun univers froid et hantĂ©. Les troncs creux se tiennent compagnie dans le vent qui tente de balayer les souvenirs de la journĂ©e. Câest obscur. Sinistre, familier. Intime. Je lĂšve la tĂȘte, tente dâapercevoir un morceau de ciel entre les feuillages. Une partie des courbes de la lune est puissant. Je ne vais pas aller plus loin. Je risquerais de rencontrer une Ă©quipe en pleine ronde sur le secteur. La surveillance a redoublĂ© ces derniĂšres semaines. Ă mon arrivĂ©e Ă De La Haute Maison, on ne parlait que de cela des disparitions mystĂ©rieuses dont sont victimes les Ombres de lâInstitut Digvix. Il en a fallu du temps pour que notre Institut rĂ©agisse un tant soit peu. La sĂ©curitĂ© nâest pas encore une prioritĂ©, mais a fini par ĂȘtre Ă©levĂ©e Ă un rang dâ un demi-tour en soupirant. Aux portes des jardins, Fred allume sa cigarette. Il sâadosse au mur, sa fumĂ©e se fait emporter. Je le rejoins, prudente. Je pensais quâil ne fumait plus.â Je te croyais en train de dormir ? Tu disais ĂȘtre extĂ©nuĂ©e, sâinterroge-t-il Ă son quoi aucun de nous deux nâest prĂ©visible. Je remarque son sourire vague.â Je nây arrive pas, finalement. Jâavais envie de prendre lâair.â Moi aussi, me confie-t-il en regardant le bout incandescent de sa le silence revient. NâĂ©tant pas une grande habituĂ©e, je rĂ©flĂ©chis Ă un moyen de le rompre quand Fred sâen charge subitement â Je sais que Joshua peut ĂȘtre sacrĂ©ment con, parfois, mais je ne voudrais pas que tu te trompes Ă son sujet. â Il ne lui arrive pas simplement dâĂȘtre con, Fred, jâai lâimpression quâil le fait exprĂšs en mauvaises blagues ne mâont jamais amusĂ©e, pas un seul instant. Et je suis convaincue que ceux qui se contentent dâĂȘtre drĂŽles pour eux-mĂȘmes ne sont pas de bonnes frĂ©quentations pour les autres.â Enzo a raison, quand il dit que Josh est diffĂ©rent depuis⊠enfin, tu vois.â Non, je ne vois ne lâont jamais formulĂ© devant moi. Son existence. Chaque mention du chef de cette Ă©quipe, que remplace aujourdâhui Fred, donne lâimpression dâune ombre flottante au-dessus de leur tĂȘte, dâune prĂ©sence qui marche dans mes propres pas. Jâai beau tourner le dos, personne nâest jamais lĂ . Câest comme si cet Ă©tranger sâĂ©tait Ă©clipsĂ© du jour au lendemain. Un disparu, voilĂ ce quâil est. Ni mort, ni pourtant vivant. Et il hante lâesprit de mes grimace imperceptiblement, son attention dirigĂ©e au fond des jardins. Je croise les bras, les mains emmitouflĂ©es dans mes manches. â Ni vous ni lâInstitut ne me faites confiance, dis-je. Jâen ai ma remue la tĂȘte.â Je te fais confiance, Bella, ne raconte pas nâimporte quoi.â Pourtant câest comme si votre monde entier partageait des secrets quâon ne me confiera jamais, Ă shoote dans un caillou. Une FĂ©e, suspendue prĂšs dâun rosier, rĂ©colte les pĂ©tales secs.â Votre monde » ? relĂšve tire sur sa cigarette tout en mâinspectant.â Tu tâen exclus volontairement ?â Si je mâen exclus ? Je dĂ©barque dâun refuge paumĂ© Ă des centaines de kilomĂštres dâici, Fred, et malgrĂ© toute lâĂ©nergie que jâinvestis depuis des semaines et des semaines dans cet Institut, câest comme si on ne voulait pas encore mây faire une on a exigĂ© que je rattrape les cours de mĂ©decine auxquels mes collĂšgues ont eu le droit pendant des annĂ©es, afin que je puisse Ă lâavenir passer un certificat dâaptitude et espĂ©rer dĂ©crocher un poste fixe Ă lâInfirmerie. Ensuite, on a rĂ©clamĂ© que je participe aux missions des Ă©quipes de Traqueurs, on mâa affiliĂ©e Ă lâĂ©quipe de Josh et Fred, mais seulement de façon temporaire ». Je suis une remise en forme physique et un apprentissage pointu des arts dâattaque et de dĂ©fense, tandis que mes parents mây ont formĂ©e de mes huit ans Ă mes dix-huit ans. Et alors que je me dĂ©mĂšne pour lâobtention de mon certificat, jâapprends deux jours plus tĂŽt que peu importe tous mes efforts, lâInstitut nâĂ©tant pas dans sa pĂ©riode la plus paisible, le groupe transitoire de direction prĂ©fĂšre attendre lâĂ©lection dâun nouveau directeur qui pourrait prendre ce type de dĂ©cision de maniĂšre rĂ©flĂ©chie. »Dâun ce nouveau directeur pourrait parfaitement ĂȘtre une nouvelle directrice, de deux jâen ai clairement rien Ă carrer de leur souci politique, câest ma santĂ© mentale et physique qui est en soigne depuis que je peux tenir une compresse. Jâai assistĂ© mes parents pendant des annĂ©es, jusquâĂ mes seize ans oĂč ils mâont sentie prĂȘte Ă prendre en soin mes premiers patients. Alors oui, au refuge, on concoctait majoritairement des baumes, des soupes, des tisanes, des cataplasmes Ă base de plantes, mais je nâobserve pas de grandes diffĂ©rences de rĂ©sultat avec les mĂ©dicaments que je prescris aujourdâhui â seulement avec lâautorisation de mon tuteur, trouve mes mĂ©thodes archaĂŻques. Et si lâInstitut trouve mes mĂ©thodes archaĂŻques, alors il nous considĂšre, moi et ma famille, comme dĂ©modĂ©es.â Ăa viendra en temps et en heure, ne tâen fais pas trop. La Corporation vit simplement une pĂ©riode soupire. Parce que Fred a raison. Imaginez les soupçons qui ont pu naĂźtre Ă mon Ă©gard Ă mon arrivĂ©e. En partie dĂ©shydratĂ©e, je venais de marcher durant des jours ; lâair fou que me procuraient la fatigue et la saletĂ© nâa pas enthousiasmĂ© grand monde, oh non. Et on nâa pas attendu une minute avant de braquer un fusil sur moi pour me faire cracher le morceau partisane, pas partisane ? Avais-je de quoi prouver ma petite histoire de refuge bucolique ?Pas le moins du on a fini par me croire. Peut-ĂȘtre quâon finira Ă©galement par me faire confiance, Ă la longue. Et peut-ĂȘtre que ce chef dâĂ©quipe deviendra plus quâun reflet sombre du passĂ©, dâici 3ALEXLâaube est toujours la mĂȘme, dans cette ville. Un peu de brume encercle les bĂątiments, trĂšs peu de soleil Ă©claire les rues. Les sourires ne sont pas instinctifs, le pas est souvent raide. Ăa me fout le moral en lâair ce genre dâ au balcon, jâĂ©pie tranquillement les lĂšve-tĂŽt qui apparaissent depuis leur porte et disparaissent presque aussitĂŽt dans leur voiture. Quelques trottinettes passent, quelques vĂ©los aussi. Puis BĂ©rangĂšre se montre, la main haute dans ma direction. Je la salue en retour. SacrĂ©e grand-mĂšre, toujours Ă vouloir me nourrir comme si je manquais de poids et Ă me tricoter mille couvertures en laine franchement dĂ©gueu. Jâadore ça.â Tu travailles, ce matin ?â Ouais, et câest moi qui paie le cafĂ© !â Ă tout Ă lâheure, mon grand loup !Je cligne de lâĆil puis mâen retourne dans le salon. Je mâĂ©tonne toujours de voir autant de meubles dans une seule piĂšce. Je nâai pas pour habitude de mâinstaller suffisamment longtemps pour quâĂ©merge lâidĂ©e dâacheter une tĂ©lĂ©, mais cette fois, câest chose faite. Je crois bien que câest mauvais signe. Une tranquillitĂ© pareille ne dure jamais, en ce qui me mon bouquin au passage et me dirige vers la cuisine. On gratte Ă la porte. Je compile du mieux possible, mon livre dans une main et mon bol de cĂ©rĂ©ales au creux du coude, pour ouvrir le verrou. Lilo, la chatte du voisin, entre en remuant le bout de la queue comme si elle me faisait coucou.â Salut, ma douce, jâai de quoi te faire grimper aux rideaux, ce mĂȘme un regard, elle trottine jusquâau balcon en ronronnant dĂ©jĂ . Jâenfourne une cuillerĂ©e de cĂ©rĂ©ales imbibĂ©es de lait. On nâavait pas souvent ce genre de trucs, Ă lâInstitut. Jâen avais encore moins, dans les Terres kitchenette devrait bientĂŽt disparaĂźtre sous le bordel, faudrait que quelquâun se dĂ©cide Ă se remuer le culâŠâ Tu pourrais filer un coup de main de temps en temps, Lilo, yâen a qui bossent la petite lionne miaule depuis la porte-fenĂȘtre, la queue sagement enroulĂ©e autour de ses pattes. Elle apprĂ©cie le soleil matinal, les yeux Ă demi clos et mime un brin de toilette, histoire de rentabiliser ce dĂ©pose mes affaires, recouvrant les quelques trous par lesquels on pouvait encore apercevoir le plan de travail. Je sors la boĂźte de saumon du placard et lâouvre bruyamment, rien que pour le plaisir dâentendre Lilo rĂ©agir au signal.â Une petite assiette pour madame et nous sommes prĂȘtsâŠNos deux petits-dĂ©jeuners dans les mains, je la rejoins. â Sâil vous miaule en se jetant sur le poisson tandis que je mâassois Ă mĂȘme le sol, le dos contre la petite table. Je soupire.â Non seulement jâsuis vachement plus sexy que ton papa de vingt fois mon Ăąge, mais je cuisine aussi mille fois mieux, hein ?Lilo lape une derniĂšre fois son plat et vient se lover contre moi. Elle roucoule doucement.â Ouais, je sais, elles le disent toutes une fois rassasiĂ©es.â Combien de temps comptes-tu encore rester ? BĂ©rangĂšre mâexamine, les mains autour de sa tasse de chocolat chaud. Elle ne sâinstalle jamais ailleurs que sur le bar, avec une liste toute prĂȘte des choses quâelle doit Ă tout prix me raconter.â Tu mâas dit que tu bougeais en permanence, insiste-t-elle, que tu ne restais jamais plus de quatre semaines au mĂȘme endroit. Ăa fait le double que tu es ici câest Ă cause de moi, câest ça ?Jâadopte un air dramatique, dos Ă BĂ©rangĂšre. Je pose le verre que jâessuyais, balance mon torchon sur mon Ă©paule, et pivote lentement.â Je suis tombĂ© Ă©perdument amoureux de toi au premier contact, tendre BĂ©rangĂšre. Rien ni personne ne peut plus nous sĂ©parer.â EspĂšce de pâtit con, arrĂȘte de te foutre de moi.â Ce qui nous lie est torride, grandiose. abat sa main sur le comptoir.â Sois sĂ©rieux un peu ! Je me marre en haussant les Ă©paules â Câest toi qui as commencĂ© Ă me vanner.â Mais ma question restait hausse encore les Ă©paules puis retourne Ă ma vaisselle.â Je nâai aucune raison de partir, pour lâinstant, rĂ©ponds-je retarde lâĂ©chĂ©ance. Je commence Ă saturer de nâĂȘtre nulle part en plus de nâĂȘtre personne. Seulement, je devrais tĂŽt ou tard quitter ce petit coin paisible pour reprendre la route, je le sâattendrit, croise les pouces sous son menton, rehausse ses lunettes en poussant avec ses deux index. On dirait quâelle mime un pistolet, câest vraiment louche.â Tâas lâair dâune mauvaise psy doublĂ©e dâune cowgirl, quand tu fais ça. Et le comptoir nâaide pas, tâimagines penche la tĂȘte sur le cĂŽtĂ©.â Tu veux mon avis, mon loup ?â Est-ce que jâai le choix ?â Tâas lâair heureux, Alex. La plupart du temps. Puis dâun seul coup pouf ! Tu te dissocies et tâen vas dans un autre univers, et celui-lĂ , il ne mâinspire pas. Elle ne sait pas de quoi elle parle, mais je la pardonne, parce que câest BĂ©rangĂšre.â Je ne crois pas que le bonheur soit quelque chose de permanent, dis-je en empilant les verres. Personne ne peut prĂ©tendre ĂȘtre heureux durant chaque seconde de chaque minute, durant chaque heure de chaque jour. â Moi, si.â Parce que tu te voiles la face.â Tu te trompes. Mon rire nâest pas amusĂ© â Ăclaire-moi.â Tâas lâair hantĂ©, mon loup. Sache une bonne chose les fantĂŽmes, ça traverse les le sais. Mieux que nâa pas toutes les cartes en main pour viser juste. Je ne fuis pas un fantĂŽme du passĂ©, je ne fuis pas mes souvenirs ni ma propre histoire. Je nâai rien dâun gars qui cherche Ă se voyage, câest tout. Je voyage en attendant de pouvoir 4BELLAJe ferai mieux la prochaine fois. La bibliothĂšque est vide, comme chaque soir. Je crois que je me sens plus Ă lâaise ici, noyĂ©e dans un amoncellement terrifiant de bouquins, plutĂŽt quâĂ lâInfirmerie. Et je ne suis pas certaine que ce soit normal. Je fais tache Ă cĂŽtĂ© de Rob qui transpire la passion pour la mĂ©decine ; et aujourdâhui, jâai fait tache tout pose mon livre sur mes cuisses. Le plafond devient soudain plus intĂ©ressant que toute autre chose au nervositĂ© est ma pire ennemie. Elle me laisse dĂ©munie face aux situations les plus graves ; un jour, je vais foirer sĂ©vĂšrement, et qui sait ce quâil se passera ? Je pourrais tuer quelquâun dans un moment de stress aigu, je le crois vraiment. Depuis que je me suis affiliĂ©e Ă De La Haute Maison, je nâai pas eu de cesse de me remettre en question tandis que je venais chercher des affreusement confiance en moi. Jâai confiance en moi et jâestime ĂȘtre quelquâun de performant, digne dâintĂ©rĂȘt et aimable â du moins, câest la maxime que je me rĂ©pĂšte tous les matins. Aie confiance en peux parvenir Ă surmonter les obstacles du moment oĂč tu tâen donnes les plus ne sais pas si câest tout Ă fait moi, cette femme indomptable et prĂȘte Ă tout. Je me sens si vulnĂ©rable, parfois⊠VulnĂ©rable et anxieuse. En vĂ©ritĂ©, jâai beaucoup de mal Ă gĂ©rer la dĂ©tresse des autres et câest fatal lorsquâon exerce mon mĂ©tier. Je hais cet Ă©tat de sensibilitĂ©, de faiblesse. Je hais le ressentir, tout en lâacceptant chez lâautre. Câest Ă nây rien mon tuteur, est dâavis quâon nâest jamais trop empathique pour soigner, mais simplement parfois trop peu armĂ©. Sâil pouvait me donner un bout de son bouclier, je lui en serais reconnaissante Ă jamais. Il dit aussi que je dois rester moi-mĂȘme et accepter mes propres faiblesses. Quâaucun dâentre nous nâest irrĂ©prochable. Quâil ne faut pas oublier que nous restons humains, avec nos propres perceptions, notre propre personnalitĂ©, et tout câest le cĆur du problĂšme je nâai aucune idĂ©e de qui je suis, de ce contre quoi je dois me battre, de ce que je dois amĂ©liorer et de ce que je dois oublier. Je suis Ă la fois cette jeune femme heureuse dâen dĂ©coudre et travailleuse, mais aussi celle hĂ©sitante et pousse un soupir. Depuis quand suis-je aussi introspective, bon sang ?Je lĂšve de nouveau mon livre de sciences et inspire profondĂ©ment.â Et tu as refusĂ© ?Lâexpression de Phil me laisse penser quâil ne comprend pas ma rĂ©action ; elle est pourtant toute naturelle. Je veux dire, Phil est parfaitement qualifiĂ© pour prendre la place de direction vacante. Et qui ne voudrait pas dâun Phil comme directeur dâInstitut ? Il est comprĂ©hensif, juste et organisĂ© â beaucoup trop, mĂȘme. Je balaie du regard son bureau agencĂ© au millimĂštre prĂšs. En fait, Phil est maniaque, mĂȘme sâil sâest persuadĂ© du les moments les plus tendus, cette aptitude au rangement lui permet dâordonner ses pensĂ©es avec une rapiditĂ© impressionnante. Phil ne doute pas, il agit ; et il ne se trompe jamais. Il maĂźtrise superbement cet Ă©quilibre dâempathie et de flegme dont il me parle souvent.â Je nâai pas spĂ©cialement envie de passer la moitiĂ© de mon temps derriĂšre un bureau, sâ je le comprends bien.â Et puis, ajoute-t-il, De La Haute Maison a plus besoin dâun mĂ©decin que dâun nâa pas tort. Je me demande pourquoi la Corporation insiste autant pour que lâInstitut remplace lâancien directeur. Tout fonctionne normalement et mĂȘme trĂšs bien, malgrĂ© lâabsence dâune hiĂ©rarchie formelle. Lorsquâil sâagit de prendre des dĂ©cisions, le chef des Traqueurs, celui de lâInfirmerie et celle des Alchimistes se rĂ©unissent pour dĂ©libĂ©rer.â De toute façon, soupire Phil, on finira par nous imposer quelquâun, et que ce soit moi ou un autreâŠMa langue meurt dâenvie de formuler mes pensĂ©es, mais je me contiens. Je ne voudrais pas que Phil pense devoir se sacrifier. Pourtant, si lâInstitut ne se dĂ©cide pas, alors la Corporation tirera quelquâun de ses diffĂ©rents secteurs et nous collera au cul nâimporte qui â un fou, une incompĂ©tente, une personne qui rĂ©unit la folie et lâincompĂ©tence, qui lit en moi â Non, Bella. La derniĂšre chose dont lâInstitut a besoin, câest dâĂȘtre conduit avec ennui et manque de volontĂ©. Nous sommes Ă lâentrĂ©e dâune pĂ©riode difficile, tu lâas hoche la tĂȘte en mâasseyant sur la chaise face Ă son bureau. Il mâinforme justement.â Une Ombre de plus a Ă©tĂ© retrouvĂ©e morte sur le territoire de Digvix.â Que vont-ils faire ?â Ils ne peuvent pas faire avoir classĂ© son dernier dossier, Phil sâassoit Ă son tour. Il se masse le visage.â Et nous ? â On va se contenter de nous prĂ©parer au combat, jâ retiens ma respiration. Ma gorge se parents ont dĂ©jĂ formulĂ© le nom de Baalzephon devant moi. Ils lâont dĂ©crit comme un Alchimiste devenu fou, pratiquant des expĂ©riences honteuses sur les Ombres. DâaprĂšs mes souvenirs, il Ă©tait affiliĂ© Ă Digvix il y a bien devrait ĂȘtre mort de vieillesse, dâ les rumeurs qui couraient au refuge, il cherchait Ă dĂ©cupler les pouvoirs alchimiques, câest-Ă -dire Ă procurer Ă ses Alchimistes de premiĂšre gĂ©nĂ©ration la facultĂ© dâuser de la Magie Ă lâinfini, sans nâavoir Ă puiser dans aucune source. Je pense quâon ne peut pas dĂ©fier le cours des choses, je pense quâon ne peut pas aller Ă lâencontre de la Magie. On raconte pourtant quâil a atteint son objectif. Mais alors, quelle est la prochaine Ă©tape ? Pourquoi ne pas avoir encore attaquĂ© ?Mon esprit scientifique sâinterroge les Alchimistes de premiĂšre gĂ©nĂ©ration doivent habituellement aspirer lâĂ©nergie de leur Ă©lĂ©ment correspondant, pour ensuite pouvoir reproduire de la matiĂšre. Je parle bien de reproduction, non pas de production. Cela signifie quâun Alchimiste de premiĂšre gĂ©nĂ©ration ne crĂ©e pas, il emprunte, puis il rend. LâĂ©nergie quâil aspire est ensuite libĂ©rĂ©e lorsquâil la rematĂ©rialise et elle retourne Ă son Ă©lĂ©ment. Câest un cycle. Il arrive rarement quâun Alchimiste ne soit pas en prĂ©sence de son Ă©lĂ©ment dâaffinitĂ© la terre, lâeau, lâair, constituent notre environnement. Câest une question plus complexe en ce qui concerne le feu. Les Alchimistes ne puisent pas Ă proprement parler dans les flammes, mais dans la chaleur, et plus rarement encore, dans la lumiĂšre. Procurer un effet de combustion Ă une Ă©nergie chaude relĂšve dâune grande maĂźtrise ; parvenir Ă rayonnement Ă©lectromagnĂ©tique fort est encore plus difficile. Ma question est les Alchimistes de Baalzephon parviennent-ils vraiment Ă crĂ©er de la matiĂšre, ou peuvent-ils sâalimenter en Ă©nergie de façon continue et sans ressentir la moindre fatigue ? Car câest gĂ©nĂ©ralement cela qui bloque les pouvoirs dâun Alchimiste lâĂ©puisement. Sâil est bien un rĂ©ceptacle magique Ă part entiĂšre, il nâest pas une crĂ©ature magique pour autant. Son corps a des limites Ă lâusage de la Alchimistes de Baalzephon peuvent-ils produire, ou reproduire Ă lâinfini ? Dans les deux cas, comment Baalzephon a-t-il pu leur procurer une telle facultĂ© ?DĂ©cidĂ©ment, jâai du mal Ă y croire.â Il paraĂźt quâil a raflĂ© des Alchimistes et des Traqueurs, il y a quelques annĂ©es. Pourquoi sâen prendre seulement aux Ombres, Ă prĂ©sent ?Phil siffle entre ses dents.â Câest un grand fronce les sourcils.â Que sont devenus tous ces gens ? La Corporation les a ramenĂ©s Ă leur Institut ?Cette fois, Phil ricane. Un sourire ironique lui reste sur le visage.â La Corporation a prĂ©tendu que les prisonniers de Baalzephon finissaient toujours par gonfler ses rangs.â AlorsâŠâ Tout le monde est mort, tous sans exception. Je frĂ©mis. Je frĂ©mis, puis je me fige. La Corporation a-t-elle rĂ©ellement abandonnĂ© ses propres dĂ©fenseurs Ă leur sort, aux mains dâun scientifique tordu ?â Est-ce quâil est proche, ce Baalzephon ?Phil ne semble plus me voir.â Proche ? Il est dĂ©jĂ lĂ , 5ALEXIl y a quelque chose. Je le sens, ça pousse. Ăa ne bouscule pas. Ăa ne frappe pas. Ăa pousse. Je le sens. Quelque chose grandit. Il y a quelque chose, merde, je le sens et ça mâencombre sĂ©rieusement.â On met un pied devant lâautre, quand on marche, disait fois, jâĂ©tais aussi furieux que sâil mâavait lui-mĂȘme fait tomber.â Câest pas moi, câest mes pieds, dâ Ă peine plus haut que trois pommes, mâimita en grimaçant.â Eh ! Te moque pas de moi !â Alors, arrĂȘte un peu de toujours rejeter la faute sur les autres !On passait le plus clair de notre temps Ă rire ou Ă nous disputer. Et malgrĂ© ses trois pommes et quelques en question, Brian parlait dĂ©jĂ comme un petit vieux donneur de leçons. Je suis certain que cette manie ne lâa pas quittĂ©. Je souffle doucement en attrapant le manche de ma guitare. Je peux voir le ciel depuis le canapĂ©, câest dâailleurs pour cette raison que je lâai placĂ© ici. Ăa me permet de jouer tout en profitant des quelques Ă©toiles quâon peut apercevoir malgrĂ© les lumiĂšres parasites dâune ville qui ne sait pas repose lâinstrument, impatient, et mâempare dâune veste. La vue sera plus belle sans lampadaire dans les immeuble est loin dâĂȘtre somptueux, mais je mây suis attachĂ©. La peinture jaunie et Ă©caillĂ©e fait partie de chez moi. Les escaliers dĂ©gueu, mal entretenus, sont un bout de ce qui a existĂ© de plus familier Ă mes yeux depuis plusieurs annĂ©es. Je me suis Ă©tabli ici, sans mâen rendre compte. Lorsque jâouvre la porte principale, Lilo sâengouffre Ă lâintĂ©rieur en ronronnant. Elle dĂ©tale Ă travers les Ă©tages, pressĂ©e de retrouver son vieux bienfaiteur. Aucun doute je ne suis absolument pas son favori. Je souris en sortant dans la vais devoir gars qui mâa suivi lorsque je suis rentrĂ© du travail est encore lĂ , calfeutrĂ© dans le noir, certainement convaincu que je ne mâen doute pas. Je ne lâai pas vu et je ne le vois toujours pas, mais je lâai senti. Je nâai aperçu que lâombre dâune Ă©paule au dĂ©tour dâune rue, un mouvement furtif, ce qui mâa malgrĂ© tout suffi Ă en dĂ©duire le reste pourquoi je me sentais Ă©piĂ© ces derniers jours, ce sentiment de nostalgie qui mâemplissait Ă la simple vue de ce qui mâattachait un peu Ă cet endroit, lâidĂ©e de plus en plus persuasive de devoir reprendre la route⊠Fait chier. Jâadore BĂ©rangĂšre ! JâapprĂ©cie encore plus Lilo !Baalzephon mâaura Ă lâ mes Ă©couteurs dans mes oreilles, lâair de rien. Les mains dans les poches, je mime la tranquillitĂ© en me pavanant dans la ville, la musique dĂ©sactivĂ©e. Quelques fenĂȘtres sont ouvertes. PerchĂ©s sur leur balcon, certains fument ou partagent une boisson, discutent en continue, de façon fragmentĂ©e, ou profitent du faux silence. Tout ça offre un tableau contrastĂ© dâhabitants respirant et vivant dans un espace tellement rĂ©duit quâils ont appris Ă sâignorer. Jâemprunte la rue adjacente. Le mieux reste dâĂ©viter la confrontation, maintenant que jâai la certitude que ce gus nâest pas le fruit dâune sorte de paranoĂŻa. Je ne dois pas trop mâĂ©loigner des endroits frĂ©quentĂ©s, mais il ne faudrait pas non plus que jâattire le danger en centre-ville. Rien ne me certifie que la prĂ©sence de tĂ©moins dissuadera mon se rapproche. Je lâ en tournant au carrefour suivant, je lance un mince coup dâĆil sur le cĂŽtĂ©. Il est lĂ , Ă une centaine de mĂštres, tout au plus. Et il ne se dissimule pas, marchant dâun pas dĂ©cidĂ© dans ma direction. Ăa pue, putain que ça pue. Je hais profondĂ©ment me battre je dois trouver autre plus rĂ©flĂ©chir, je grimpe au mur en escaladant la gouttiĂšre, puis mâagrippe aux barreaux du premier balcon que je rencontre. Je me hisse silencieusement, enjambe la barriĂšre en fonte pour me cacher dans le recoin de la porte-fenĂȘtre, accroupi. Ses pas se rapprochent, les bruissements de son blouson aussi. Note perso rappeler Ă Baalzephon que la filature sâapprend. Quoique, rien ne me dit que ce gars connaĂźt Baalzephon, il est peut-ĂȘtre un de ceux qui cherchent Ă le rejoindre avec un petit cadeau dans lâespoir dâattirer ses de bruit. Petits piĂ©tinements. Encore petits piĂ©tinements. Jâimagine quâil pivote Ă plusieurs reprises sur lui-mĂȘme en sâinterrogeant sur ma disparition. Bouffon. Reconnais ta dĂ©faite et admire ma revient sur ses pas⊠et je me sens retourne chez moi, forcĂ©ment. Jâaurais dĂ» y rĂ©flĂ©chir, merde ! Histoire de lâassommer et de le jeter dans un coin⊠LĂ , je nâai aucune de mes affaires primordiales, rien pour me prĂ©parer Ă un nouveau petit voyage. Ni une ni deux je saute du balcon et roule sur lâĂ©paule pour amortir ma chute. Et tandis que je mâimagine repartir illico dans un sprint fulgurant pour rĂ©parer ma connerie, une pierre titanesque sâabat en plein dans mes couilles.â Nan, mais câest quoi ces maniĂšres !Je tombe Ă genoux. La vieille secoue son parapluie Ă deux centimĂštres de mon nez. Je mâaffale les coudes au sol. â Tu voulais mâcambrioler, hein ? Bandit ! Chenapan !Ouah, quelle chance moi qui ai toujours rĂȘvĂ© de me faire castrer par une octogĂ©naire, câest une case en plus de cochĂ©e. Et maintenant, lâautre risque de rappliquerâŠâ Ăcoutez mâdameâŠâ Et quâvous lâentendez sâexprimer comme une racaille ! On dit madame !Je pose un pied Ă terre alors quâelle me distribue des petits coups de parapluie par-ci par-lĂ , en maugrĂ©ant. Jâai lâimpression quâelle me jette un sort. Lâangoisse.â Tout va bien, je nâavais pas de mauvaise intention, je vous le jure. ArrĂȘtez de crier comme ça, ?â Moi, une hystĂ©rique ?! Je tâen foutrai de lâhystĂ©rie, fripon, brigand, pilleurâŠ. pi⊠PIRATE !â ĂA VA ! Putain ça va jâai compris ! Vous connaissez votre dico des synonymes, dâaccord ! Merde, Ă la fin !Le parapluie rebondit trois fois sur le bitume humide. La vieille reste pantoise, pendant que je me casse en boitillant Ă moitiĂ©. Pourquoi mes plans foirent toujours ? Je reçois le coup en pleine vâlĂ la ça ne mâempĂȘche pas de rĂ©agir aussitĂŽt. Je riposte en saisissant son poing de nouveau dĂ©gainĂ© et lui assĂšne une frappe monumentale avec mon front. Sa tĂȘte valdingue en arriĂšre. Ăa fait archi mal, mais pas le temps de niaiser. Ma main droite parfaitement dĂ©ployĂ©e lui fracasse le cĂŽtĂ© du visage contre le poteau. Il sâ y a bien un truc que je hais encore plus que me battre, câest quâon mây jamais, plus personne ne me fera de mal. Plus personne mis Ă part moi. Je soupire en me dirigeant vers mon immeuble. Câest pour ça que je dois encore fuir et il se trouve que je sais exactement oĂč aller me contre, pour le maniement du coup de boule, on 6BELLALe rĂ©fectoire est bondĂ©. Une envie soudaine de reposer mon assiette sur le buffet me saisit, mais les filles dĂ©nichent trĂšs vite un recoin inoccupĂ©. Je dĂ©teste cette salle de repas, agencĂ©e comme un gigantesque autocar. Les quelques petites tables qui autorisent un tant soit peu dâintimitĂ© sont toujours prises lorsque jâarrive.â Vous avez entendu ce quâon raconte ? lance Candice, certaine de provoquer la curiositĂ© gĂ©nĂ©rale.â Ă propos de quoi, exactement ? lâinterroge Faroudja. Câest pas comme si lâactualitĂ© Ă©tait particuliĂšrement vide, en ce mâassois Ă cĂŽtĂ© de JolĂšne, qui nâa pas su attendre et mĂąchouille dĂ©jĂ un bout de son pain.â Jâai entendu dire que des groupuscules prenaient forme un peu partout dans la rĂ©gion. Je connais une Traqueuse qui va souvent aux rĂ©unions de celui le plus proche.â Des groupuscules ? Du genre⊠des terroristes ? Et qui est cette Traqueuse ? enchaĂźne JolĂšne en se penchant en avant, vers lĂšve les yeux un instant de mon assiette. JĂ©rĂŽme. Assis Ă droite de Candice. Pratiquement en face de moi. Je rĂȘve. Il mâinspecte en se dĂ©lectant de son eau comme sâil sâagissait dâun aphrodisiaque. Mon poing dĂ©mange.â Non, non, pas des terroristes. Ce sont des dĂ©lĂ©guĂ©s Traqueurs des diffĂ©rents Instituts qui ont initiĂ© le mouvement. Ils sâinquiĂštent de lâavenir des Traqueurs maintenant quâune nouvelle guerre approche⊠Et la Traqueuse dont je parle, câest Margot. Elle mâa dit quâils Ă©taient en train de prĂ©parer un genre de cahier de dolĂ©ances⊠enfin non, elle nâa pas dit dolĂ©ances », elle a dit rĂ©clamations », ou revendications », je sais plus.â Ils ont bien raison, intervient Faroudja. Les filles la jaugent en silence, puis me regardent. Je demeure parfaitement silencieuse. Je nâai aucune idĂ©e de ce dont elles parlent et de ce que cache toute cette histoire. Sans tenant ni aboutissant, pas question dâĂ©mettre un avis.â CâĂ©tait qui, le chef de mon Ă©quipe ? demandĂ©-je sans sâĂ©touffe Ă moitiĂ© et articule dans un filet de voix â Le Maudit ? Câest de lui dont tu veux parler ?â Oh arrĂȘte de lâappeler comme ça, rĂąle secoue la tĂȘte, lasse.â Aucune de nous ne lui a jamais adressĂ© la parole, me rĂ©pond Candice. â Parce que vous nâen avez jamais eu lâoccasion ?Le manoir de De La Haute Maison est trĂšs grand, moins que ne lâest le chĂąteau de Digvix Ă ce quâon mâen a rapportĂ©, mais il nâempĂȘche quâil est impossible de connaĂźtre tous les habitants de lâInstitut.â Parce quâil Ă©tait maudit, rĂ©plique trĂšs vite JolĂšne avant dâenfourner une fourchette de nourriture pour se faire lui assĂšne un regard intransigeant. â Tu ne perds rien Ă ne pas lâavoir rencontrĂ©, se mĂȘle soudainement JĂ©rĂŽme. CâĂ©tait un mec est bien trop large â Tu veux dire encore plus que toi ?Contrairement Ă mes attentes, JĂ©rĂŽme sourit, satisfait. Il glisse sa main posĂ©e sur la table dans ma direction.â Je suis ravi dâentendre que ma prĂ©sence te fait autant dâ yeux rivĂ©s sur sa main, je me fais violence pour ne pas y planter ma fourchette et lui trancher le poignet avec la lame qui chauffe dâenvie contre ma cuisse.â Tâes un putain de harceleur, JĂ©rĂŽme, balance Faroudja, quelquâun devrait tâarracher la queue avec les dents.â Bella pourrait sâen occuper, bondis Ă travers la table. Un fracas dâassiettes et de verres brisĂ©s retentit dans le rĂ©fectoire. Quelques cris de surprise aussi. JĂ©rĂŽme bascule en arriĂšre avec sa chaise. Il sâĂ©crase par terre, ma main autour de son cou, ma lame sous son menton. La douleur lui tire un mouvement, mais jâenfonce la pointe de mon arme dans sa chair.â Si tu mâadresses encore une seule fois la parole, tu rĂȘveras que je me sois seulement contentĂ©e de tâavoir arrachĂ© la queue avec les dents, comme dit yeux rĂ©vulsĂ©s, il lĂšve les mains â Doucement, Bella, je rigolais, câest toutâŠSon sang dĂ©gouline lentement jusque sur mes doigts. Il grimace.â Tâes sĂ»r de vouloir renchĂ©rir ?Il baisse les bras, vaincu. Je me relĂšve, Ă©poussette mon pantalon, souffle un bon coup. Jâessuie ma lame sur ma cuisse, puis remarque le silence de mort qui a envahi la piĂšce. Tout le monde mâobserve. Un peu plus loin, Josh mâadresse un sourire triomphant.â Câest ma coĂ©quipiĂšre, se vante-t-il auprĂšs de son voisin de table. Fred est le premier Ă applaudir. Toutes les autres paumes lâimitent instinctivement et quelques bouches sifflent entre les lĂąche ma dague Ă cĂŽtĂ© de JĂ©rĂŽme, qui contient mal un mouvement de recul, puis je tourne le dos au rĂ©fectoire pour fois, pas question de faire une croix sur ma traverse lâInstitut au rythme dâune furie. Les portes de la bibliothĂšque sont grandes ouvertes Ă cette heure-ci, aussi je mâengouffre parmi les Ă©tagĂšres sans marquer dâarrĂȘt. Je zigzague jusquâau bureau de Gertrude, recouvert des derniĂšres parutions.â Bella, ma douce ! me salue Gertrude. Je viens de recevoir un nouveau livre dâherbologie, il tâintĂ©ressera, jâen suis certaine.â Fantastique, commentĂ©-je en soupesant le poids de lâencyclopĂ©die. Je voudrais bien te lâemprunter, si ce nâest pas dĂ©jĂ chasse sourit dâun air entendu.â Ăa nâintĂ©resse que toi, ces vrai. Ce nâest pas Ă De La Haute Maison que je rencontrerai de nouveaux passionnĂ©s de botanique. Au refuge, les rares personnes avec qui mes parents et moi pouvions converser autour du sujet, nâĂ©taient autres que des SorciĂšres ou, Ă la limite, des Druides. Mais il se rĂ©vĂšle extrĂȘmement rare que les Druides quĂ©mandent une aide extĂ©rieure Ă leur peuple, câest pourquoi nous nâen avons rencontrĂ© que trĂšs peu et surtout solitaires.â Tu connais mon besoin de tout comprendre et tout expliquer, hausse un sourcil, les mains jointes sous le menton.â Eh bien, ce besoin se manifeste aujourdâhui au sujet de quelque chose dont personne ne veut me hausse lâautre sourcil.â Jâaimerais jeter un Ćil aux archives que tu conserves encore archives de chaque Institut sont conservĂ©es sept ans avant dâĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ©es par la Corporation et stockĂ©es dans ses bĂątiments. Gertrude me lâa elle-mĂȘme appris. Donc, peu importe ce quâil est arrivĂ© au prĂ©cĂ©dent chef de mon Ă©quipe, cela est obligatoirement rĂ©pertoriĂ© dans un document que Gertrude a dĂ» un jour classer parmi tous les autres.â Tu le sais, Bella je dois savoir quelle est la raison exacte de ta demande. Dâailleurs, cette demande doit normalement ĂȘtre actĂ©e par le chef des Ă©quipes de triture la couverture dâun bouquin.â Et si jâĂ©tais lâexception qui confirme la rĂšgle ?â Quâest-ce qui se passe, Bella ?Gertrude a tiquĂ© jamais je nâoutrepasse les rĂšgles, jamais. Et moi-mĂȘme je me surprends Ă vouloir le tenter.â Jâai Ă©tĂ© intĂ©grĂ©e Ă une Ă©quipe dysfonctionnelle, voilĂ ce qui se passe. Je rĂ©colte les consĂ©quences de problĂšmes dont je ne connais pas la nature ni la source, parce quâil semblerait que mes coĂ©quipiers aient reçu lâinterdiction de mâen parler. Et lorsque je mâĂ©vertue Ă Ă©voquer le sujet avec dâautres, je suis confrontĂ©e Ă des discours sans queue ni tĂȘte qui Ă©paississent plus encore le se ferme, presque instinctivement. Elle paraĂźt se couvrir dâun voile solide qui durcit peu Ă peu pour se transformer en bouclier. ImpĂ©nĂ©trable. VoilĂ ce quâelle est durant de longues secondes. Son regard sâimmerge dans des souvenirs est mort, on dirait. Mais en quoi est-ce si terrible ? Des Traqueurs meurent tous les jours dans des conditions douteuses et injustes, pourquoi ce silence autour dâune personne en particulier ?Gertrude inspire, longtemps. Elle se ranime, les yeux teintĂ©s dâun sentiment tout neuf la nostalgie. â Il sâappelait Alex. LâĂ©motion se propage depuis ma poitrine jusquâĂ mes extrĂ©mitĂ©s. Il a existĂ©. Il a une identitĂ© et il
vol au vent au saumon fumé